mercredi 26 avril 2017

"Ad limina" - 4 Partie II

La seconde conférence du Père Ranchi en ce mardi, fête de l'évangéliste Saint Marc, porte sur la question de Jésus: "Que fera-ton si le sel perd sa saveur?" Voici une série de phrases que j'ai retenues et choisies pour vous.

3e entretien - Sel et lumière (Matthieu 5, 13-16)

Le sel - une question de goût; la lumière - une question de la vue.

Comme le sel ne nourrit pas par lui-même, la lampe n'est pas faite pour être regardée. L'Église doit être humble de la même façon, qui n'attire pas l'attention à elle-même, mais qui invite à regarder le monde pour y découvrir l'action de Dieu... ou pour voir où Dieu voudrait agir à travers nous, ses disciples.

Notre lumière, posée sur les autres, doit faire émerger ce qu'il y a de plus beau en eux. Notre sel doit faire apprécier ce qu'il y a de bon en eux.

Nous devons révéler et préserver ce qui est bon (le sel) et beau (la lumière) dans ce monde.

Le sel et la lumière sont un moyen, et non une fin en soi. Ainsi en est-il de l'Église: un moyen par lequel Jésus continue d'agir au coeur du monde. 

Je perds ma saveur...  

  • si j'attire l'attention sur moi plutôt que sur Dieu;
  • si je ne communique pas l'expérience de l'amour de Dieu;
  • si je ne rends pas les êtres libres et pleins d'espérance.

Dans le jardin d'Éden, la première parole de Dieu est une permission: "Tu pourras manger..." Le sens de la vie est une potentialité, une exploration des frontières du possible, une promesse - Dieu donne un décret de liberté.

Mais le serpent insinue: "Dieu n'a-t-il pas dit que vous ne devez pas..." Il réduit Dieu à un parent qui interdit. Dieu dit oui à la vie, le serpent dit non. 

Certes, Dieu fixe des limites, mais elles sont secondaires, dans une proportion infime: mille arbres sont à nous, un seul est dangereux. C'est le don qui porte la vie, non le commandement! "Si tu savais le don de Dieu." Quel est le don de Dieu? C'est Dieu qui se donne!

L'Église n'est pas un système où presque tout est obligatoire et le reste interdit. Nous devons être des instruments du possible!

Voilà pourquoi la liberté de Jésus fascine! Quel est le secret de la liberté? C'est la fidélité au Dieu de la vie. Cela te libère de tout le reste. "Cherchez d'abord le Royaume, tout le reste vous sera donné..."

Les gens qui s'approchent de nous y respirent-ils un air de liberté et d'espérance? Notre tâche est de donner un émerveillement nouveau à la vie. Entre le fondamentalisme religieux et l'indifférence religieuse, notre tâche est de ré-enchanter la vie.

Il ne suffit pas d'être croyants, il faut être crédibles. Car nous pouvons rendre l'Évangile incroyable si nous ne vivons pas de la nouveauté qu'il veut faire jaillir en nous.

Ce n'est pas de la façon dont tu parles de Dieu qui me révèle que tu connais Dieu, mais de la façon dont tu parles des choses de la vie."

La lumière n'a pas d'effort à faire, ni le sel. Leur nature est de briller et de donner du goût. Ainsi en est-il de quelqu'un qui vit en Dieu. Sa nature est de rayonner sa vie. Si nous vivons de sa liberté et de son espérance, nous serons de ceux qui rendent libres et qui donnons l'espérance.

"Votre mal, c'est que vous ne savez pas combien vous êtes beau." (Dostoyevsky, Crime et châtiment)

Comment notre lumière pourra-t-elle continuer à briller? Lire Isaïe 58... Éclaire les autres, et tu seras illuminé; guéris les autres, et tu guériras; vois les autres, et tu seras lumineux...


Jésus ne dit pas "tu es lumière" mais "vous êtes lumière"... c'est la communauté qui reflète l'amour du Christ. La rencontre produit la lumière. Notre lumière se nourrit de relations, de rencontres, de partages. 



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