mardi 6 février 2018

Pour connaître mon père, Maurice

Le texte qui suit a été préparé avec l'aide de ma mère, de ma soeur et de mes frères. Je l'ai lu au début des funérailles afin de présenter mon père à l'assemblée.

Maurice Durocher est né le 21 septembre 1931. Il était le fils de David Durocher de Chute à Blondeau et de Aurore Ladouceur de Vankleek Hill. Avec ses cinq frères et cinq sœurs, il a vécu son enfance et son adolescence dans la maison familiale sur la rue Régent, pas loin de cette église ici à Hawkesbury.

Sa petite enfance a été vécue dans la pauvreté, comme beaucoup de familles de l’époque : le prélart avait été posé à même le sol, il fallait sortir pour aller à la toilette. Ça ne l’a pas empêché d’être un jeune très actif, passionné pour les sports, engagé à la paroisse comme enfant de chœur. Adolescent, il s’est impliqué dans les cadets de l’air qui ont pris pour lui une importance capitale. C’est peut-être là qu’il a développé ses capacités de leadership. Ses habiletés au hockey lui ont permis de s’illustrer dans la Ligue régionale junior B.

À la fin du secondaire, il a travaillé comme commis chez Assaly et chez Cuillerier : c’est là qu’il rencontra la jeune femme qui deviendrait son épouse, Lucille Duplantie. Ils commencèrent à se fréquenter à Noël 1951, et se marièrent le 7 juillet 1953. Cette année-là, il commença aussi sa carrière de policier avec la OPP.

Le jeune couple fut d’abord stationné à Windsor : c’est là que sont nés Paul-André, les jumeaux Denis et Denise, Richard et Robert. Dix ans plus tard, la famille fut transférée à Timmins, où sont nés Guy et Yves. On confia à Maurice la responsabilité de l’éducation publique à la sécurité routière dans le Nord-est ontarien. À ce titre, il s’est fait connaître pour ses nombreuses interventions à la radio et à la télévision régionales. Malgré ses nombreux déplacements à cette tâche, il demeura très engagé dans sa paroisse : il a longtemps été président de la Saint-Vincent-de-Paul et organisateur en chef du bazar paroissial, tout en siégeant au comité protecteur du mouvement scout auquel appartenaient ses enfants.

En 1973, la famille revint à Hawkesbury lorsque Maurice fut nommé chef de la police municipale, poste qu’il occupa jusqu’en 1986. On le connaissait comme un homme intègre, axé sur le professionnalisme et le service du public. Il incarnait bien la devise de la OPP de l’époque : « Strict but fair ». Ses dernières années pour le service policier de Hawkesbury furent un peu moins stressantes alors qu’il travailla comme sergent, aimant bien les quarts de nuit qui lui permettaient de sillonner tranquillement les rues silencieuses de la ville.

Maurice était un homme de famille. Revenir à Hawkesbury, c’était retrouver sa ville natale, ses parents, ses frères et sœurs, ses beaux-frères et ses belles-sœurs. Les enfants ayant quitté la demeure paternelle pour l’université ou le collège et la vie professionnelle, Maurice et Lucille se sont mis à voyager avec leur petite roulotte, campant un peu partout au Québec et en Ontario. Lorsque Guy a déménagé à Gaspé, ils ont appris à connaître par cœur toutes les courbes de la 132. Les années de retraite furent des années heureuses, marquées par de nombreuses rencontres familiales joyeuses et chaleureuses. Leurs huit petits-enfants faisaient leur joie.


On peut tout résumer en disant que Maurice était non seulement un homme de famille, mais aussi un homme de parole, caractérisé par sa fidélité et sa loyauté. Il était pour nous comme un rocher, un chêne. Sa foi simple et solide, sans fioriture, mais bien réfléchie, était pour lui comme une ancre dans sa vie. Cette même foi, jumelée à l’amour et au soutien de sa famille, lui a permis, dans les derniers jours de sa vie, de faire face à la mort avec calme, sérénité et paix.



Requiescat in pace.

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