lundi 3 mai 2021

Retraite des prêtres de l'Ouest du Québec - mardi matin

La mission de Jésus

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil, ceux qui sont en deuil dans Sion, mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu. (Is 61, 1-3)


La mission des disciples

Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. (Mt 5, 13-16)

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. (Jn 20, 21-22)


La mission des confirmés

  • Annoncer sa Parole

En effet, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! Certes, si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Mais je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée. (I Cor 9, 16-17)

Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. (1 P 3, 15-16)

  • Humaniser le monde

Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” (Mt 25, 37-40)

Le règne de Dieu, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint. (Rom 14, 17)

Aujourd'hui, il n'est pas possible de penser à la nouvelle évangélisation sans affirmer la liberté totale de l'homme par rapport à tout ce qui l'opprime, c'est-à-dire le péché et ses conséquences. Sans un engagement sérieux en faveur de la vie et de la justice et sans un changement des situations qui engendrent la pauvreté et l'exclusion, il ne peut y avoir de progrès. (Synode sur la Nouvelle évangélisation, recommandations finales, proposition 19)

  • Rayonner de sainteté

Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. Par la grâce qui m’a été accordée, je dis à chacun d’entre vous : n’ayez pas de prétentions déraisonnables, mais pensez à être raisonnables, chacun dans la mesure de la mission que Dieu lui a confiée. (Rom 12, 1-3)

C’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action, selon son projet bienveillant. Faites tout sans récriminer et sans discuter ; ainsi vous serez irréprochables et purs, vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache au milieu d’une génération tortueuse et pervertie où vous brillez comme les astres dans l’univers, en tenant ferme la parole de vie. (Ph 2, 14-16)


Retraite des prêtres de l'Ouest du Québec - lundi après-midi

La communauté, toute entière catéchétique

En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. (Marc 6, 33-34)

La nouvelle parvint aux oreilles de l’Église de Jérusalem, et l’on envoya Barnabé jusqu’à Antioche. À son arrivée, voyant la grâce de Dieu à l’œuvre, il fut dans la joie. Il les exhortait tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur... Barnabé partit alors à Tarse chercher Saul. L’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils participèrent aux assemblées de l’Église, ils instruisirent une foule considérable... (Actes 11, 22-26)

La catéchèse est la forme d'action ecclésiale qui conduit à la maturité de la foi les communautés et les personnes chrétiennes. Par la catéchèse, les communautés chrétiennes acquièrent une connaissance plus parfaite et vivante de Dieu et de son dessein salvifique dont le centre est le Christ, Verbe de Dieu incarné; elles s'édifient en s'efforçant de parvenir à une foi éclairée et adulte, et de la faire partager par ceux qui en épouvent le désir. (Congrégation du Clergé, Directoire catéchétique général, 21)


La communauté, toute entière fraternelle

En ce temps-là, Jésus disait : "Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé." (Jn 17, 20-23)

Honorez tout le monde, aimez la fraternité. (1 P 2, 17)

N'oubliez pas l'hospitalité: elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. (Hé 13, 2)

Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bienPrenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ... C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. (1 Co 12, 4-6,11)


La communauté, toute entière liturgique

À l'Église qui est à Laodicée, écris: "... Achète chez moi, pour t’enrichir, de l’or purifié au feu, des vêtements blancs pour te couvrir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité, un remède pour l’appliquer sur tes yeux afin que tu voies. Moi, tous ceux que j’aime, je leur montre leurs fautes, et je les corrige. Eh bien, sois fervent et convertis-toi. Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi (Ap 3, 18-20)

Pour l’accomplissement d’une si grande œuvre, le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre, « le même offrant maintenant par le ministère des prêtres, qui s’offrit alors lui-même sur la croix » et, au plus haut degré, sous les espèces eucharistiques. Il est présent, par sa puissance, dans les sacrements au point que lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes, lui qui a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Effectivement, pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Église, son Epouse bien-aimée, qui l’invoque comme son Seigneur et qui, par la médiation de celui-ci, rend son culte au Père éternel. (Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 7)


dimanche 2 mai 2021

Retraite des prêtres de l'Ouest du Québec - Lundi matin



Textes à méditer


Le baptême de Jésus


Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » (Mt 3, 16-17)


L'adoption chez saint Paul

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. (Eph 1, 3-6)

Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. (Rm 8, 14-17)


L'adoption chez saint Jean

Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. (Jean 1, 12-13)

Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. (I Jn 3, 1-3)


De Saint Jean-Paul II

La croix plantée sur le calvaire, et sur laquelle le Christ tient son ultime dialogue avec le Père, émerge du centre même de l'amour dont l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, a été gratifié selon l'éternel dessein de Dieu. Dieu, tel que le Christ l'a révélé, n'est pas seu]ement en rapport étroit avec le monde en tant que Créateur et source ultime de l'existence. Il est aussi Père: il est uni à l'homme, qu'il a appelé à l'existence dans le monde visible, par un lien encore plus profond que celui de la création. C'est l'amour qui non seulement crée le bien, mais qui fait participer à la vie même de Dieu Père, Fils et Esprit Saint. En effet, celui qui aime désire se donner lui-même.

La croix du Christ au Calvaire se dresse sur le chemin de l'admirabile commercium, de cette admirable communication de Dieu à l'homme qui contient en même temps l'appel qui lui est adressé à participer, en s'offrant lui-même à Dieu et en offrant avec lui le monde visible, à la vie divine; à participer en tant que fils adoptif à la vérité et à l'amour qui sont en Dieu et proviennent de Dieu. Sur le chemin de l'élection éternelle de l'homme à la dignité de fils adoptif de Dieu, surgit précisément dans l'histoire la croix du Christ, Fils unique, qui, «lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu», est venu donner l'ultime témoignage de l'admirable alliance de Dieu avec l'humanité, de Dieu avec l'homme - avec chaque homme. (Dives in misericordia, 7)



Bénédiction solennelle du temps pascal

Par la résurrection de son Fils unique, Dieu vous a fait la grâce du salut, il a fait de vous ses enfants; ensemble, bénissez-le pour une telle adoption. Amen.

En vous reprendant ainsi dans son Fils, il vous a offert sa propre liberté: qu'il vous donne part à sa vie éternelle. Amen.

Dans le baptême, vous êtes déjà ressuscités avec le Christ, vivez dès maintenant en enfants du Royaume. Amen.







lundi 12 avril 2021

Prière eucharistique III

Tu es vraiment saint, Dieu de l´univers, et toute la création proclame ta louange, car c´est toi qui donnes la vie, c´est toi qui sanctifies toutes choses, par ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur, avec la puissance de l'Esprit Saint; et tu ne cesses de rassembler ton peuple, afin qu´il te présente partout dans le monde une offrande pure.

C´est pourquoi nous te supplions de consacrer toi-même les offrandes que nous apportons: Sanctifie-les par ton Esprit pour qu'elles deviennent le corps et le sang de tonFils, Jésus Christ, notre Seigneur, qui nous a dit de célébrer ce mystère.

 

La nuit même où il fut livré, il prit le pain, en te rendant grâce il le bénit, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant: "Prenez, et mangez-en tous:  ceci est mon corps livré pour vous."

 

De même, à la fin du repas, il prit la coupe, en te rendant grâce il la bénit, et la donna à ses disciples, en disant: "Prenez, et buvez-en tous,  car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l´Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi."

 

Il est grand, le mystère de la foi:

Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus,

nous célébrons ta résurrection,

nous attendons ta venue dans la gloire.

 

En faisant mémoire de ton Fils, de sa passion qui nous sauve, de sa glorieuse résurrection et de son ascension dans le ciel, alors que nous attendons son dernier avènement, nous présentons cette offrande vivante et sainte pour te rendre grâce.

 

Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Église, et daigne y reconna"tre celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton Alliance; quand nous serons nourris de son corps et de son sang et remplis de l´Esprit Saint, accorde-nous d´être un seul corps et un seul esprit dans le Christ.

 

Que l´Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire, pour que nous obtenions un jour les biens du monde à venir, auprès de la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec les Apôtres, les martyrs, (saint N.) et tous les saints, qui ne cessent d´intercéder pour nous.

 

Et maintenant, nous te supplions, Seigneur: Par le sacrifice qui nous réconcilie avec toi, étends au monde entier le salut et la paix. Affermis la foi et la charité de ton Église au long de son chemin sur la terre: veille sur ton serviteur le Pape N. et notre évêque N., l'ensemble des évêques, les prêtres, les diacres, et tout le peuple des rachetés.

 

Écoute les prières de ta famille assemblée devant toi, et ramène à toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés.

 

Pour nos frères défunts, pour les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, nous te prions: Reçois-les dans ton Royaume, où nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour l´éternité, par le Christ, notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien.

 

Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles.

Amen.

 


vendredi 9 avril 2021

De la fragilité - homélie de la messe chrismale 2021

 

Comme je l’ai souligné au début de cette célébration, nous vivons la semaine sainte dans un contexte de pandémie pour la deuxième fois. L’an dernier, cette crise de santé publique nous a tous surpris. Toute la société s’est barricadée. Nos églises se sont fermées. Le pape François est sorti seul, sur la place St-Pierre, avec un ostensoir pour bénir le monde souffrant. Dans le silence de cette grande place vide, on pouvait entendre résonner de loin la sirène d’une ambulance, symbole des drames humains qui se déroulaient un peu partout sur la terre.

Cette année, nous comprenons mieux cette maladie. Nous savons comment nous protéger. De nouveaux vaccins promettent un avenir meilleur. Nous pouvons nous rassembler prudemment dans nos églises pour célébrer. Malgré tout, une troisième vague s’annonce qui pourrait être la pire. Notre région est particulièrement surveillée à cause d’une forte recrudescence dans le nombre de cas de la COVID. Nous ne sommes pas encore sortis du bois!

L’impact sur nos vies personnelles, sur notre société et sur notre Église est énorme. Comme vous, je réfléchis à tout cela, je porte cela dans ma prière. Dans ces temps de silence et de méditation, un mot ne cesse de me venir à l’esprit : fragilité.

Dans cette pandémie, nous nous sentons profondément fragiles. Nous reconnaissons la fragilité de notre santé, tant émotionnelle que physique. Nos relations nous semblent plus fragiles, comme notre vie en société. Que dire de nos communautés paroissiales qui font face à une précarité déstabilisante!

The pandemic we have been enduring for more than a year has made us all aware of our deep fragilities, be it at the personal or the social level. We see these fragilities exposed around us, we experience these fragilities in our lives and in our families. What does this have to say about our basic human condition? How does our Christian faith shed light and understanding on this reality?

J’ai fait un peu de recherche pour découvrir que le concept de fragilité est à la mode. En s’en sert en gérontologie pour évaluer l’évolution de la santé globale des aînés. Dans le monde du développement international, on étudie la fragilité des états, pour ne pas dire les divers états de la fragilité mondiale. Récemment, un philosophe français publié un important essai sur l’évolution du concept de fragilité dans la pensée occidentale.

Voici ce que j’en retiens. Qui dit fragile, dit fracture. Les deux mots viennent de la même source latine. Ce qui est fragile risque d’être fracturé. Pensons à un vase de cristal : on pourra admirer sa beauté pendant des siècles, mais s’il tombe par terre, sa beauté est perdue à tout jamais.

Non seulement la pandémie nous rend-elle plus fragile, elle révèle nos fragilités, les nombreuses lignes de faiblesse qui, sous l’effet d’un seul choc, peuvent devenir des fractures dramatiques. Pensons-y : l’arrêt de l’activité humaine l’an dernier a permis de redécouvrir dans certaines grandes villes un ciel bleu et un chant d’oiseaux qu’on avait oublié, rappel de la pollution massive à laquelle nous nous sommes habitués. Les secteurs les plus pauvres de nos sociétés ont été les plus durement touchées par la pandémie, nouveau rappel des inégalités qui fractionnent la communauté humaine.

Encore aujourd’hui, plus de 150 pays n’ont reçu aucun vaccin. Pensez-vous qu’il y a des pays riches parmi eux? L’arrêt des activités à l’extérieur de la maison nous a renvoyés vers la vie familiale, avec ses richesses pour certains, mais avec ses pauvretés et ses violences pour d’autres. Pour plusieurs, il n’y a pas de famille, il n’y a que la solitude.

De plus, chacun, chacune de nous est confronté à sa fragilité personnelle. Nous sommes fatigués de ce confinement imposé, frustrés de ces règles continuellement changeantes, anxieux devant l’avenir : et ça provoque des moments d’impatience, des pertes d’énergie, des replis égoïstes, des évasions malsaines, des dépressions. Nous avons plus de temps pour méditer et prier… mais avons-nous le goût de méditer et de prier? La pandémie nous enlève même cela.

Les textes de la messe chrismale nous rappellent que Jésus est venu à la rencontre de notre fragilité. Il a été envoyé précisément auprès des personnes les plus fragiles : les petits de ce monde, les opprimés, les endeuillés et les cœurs brisés. Ne sommes-nous pas tous inclus dans cette visée? Devant la pandémie, nous sommes bien petits; elle nous opprime; elle cause bien des deuils; elle brise bien des cœurs. Nous avons tous besoin de la présence de Jésus, de sa parole de vie, de son Esprit de paix, de son amour qui guérit.

The readings of the Chrism Mass remind us that Jesus was sent to those who experience the greatest fragilities: the humble, the oppressed, those who mourn and whose heart is broken. As we experience this pandemic, we recognize that we are all fragile.

We all need the loving presence of a God who heals, who consoles and who gives hope. What is truly amazing is that God does this by taking on our own fragility!

N’oublions pas que Jésus a accompli sa mission en prenant sur lui notre propre fragilité. Au cœur du texte de l’Apocalypse qui nous présente une vision glorieuse et majestueuse du Christ ressuscité, l’auteur nous rappelle que celui vers lequel nous levons les yeux est le « transpercé », le crucifié. Pensons-y : Jésus nous a sauvés par sa fragilité!

Se peut-il qu’il nous ait ainsi fait découvrir ce que nous n’aurions jamais pu imaginer : que Dieu lui-même est fragile? Le Dieu de Jésus n’est pas un souverain inatteignable, fort de son immortalité et tout-puissant… mais un Père qui nous aime avec un cœur de Mère, qui vient vers nous dans la tendresse nous offrir sa miséricorde et son amour. On pourrait dire qu’il y a en Dieu une ligne de fracture : c’est son amour pour nous. À cause de cet amour, Dieu s’inquiète. Il ne dort pas la nuit, il se fait du sang de cochon. Il souffre parce que nous souffrons, il pleure parce que nous pleurons. Et il vient vers nous, en son Fils Jésus, prendre sur lui nos misères et nos péchés pour les ensevelir en lui et nous faire revivre. Quelle merveille!

En retour, Dieu nous demande de poursuivre son œuvre, de prendre sur nous la mission de son Fils Jésus. Dieu nous consacre par son onction pour, qu’à notre tour, nous prenions sur nous la fragilité des autres pour les faire vivre.


 

L’an dernier, j’ai reçu une orchidée pour ma fête. Elle était superbe. Mais j’ai dû apprendre à la soigner, car c’est une plante fragile. Il faut y mettre du temps, de la patience, de l’attention; lui trouver le juste éclairage; l’arroser juste assez. En apprenant à soigner sa fragilité, je m’ouvre à la possibilité de jouir longtemps de sa beauté.

Pour Dieu, nous sommes tous et toutes des orchidées. Dieu nous prend soin de nous avec tendresse, avec patience, avec attention. Et il nous invite à prendre soin les uns des autres de la même manière. Que cette pandémie nous apprenne à reconnaître nos nombreuses fragilités, à les apprivoiser et à les soigner, afin de faire jaillir la vie en ce monde avec Jésus.

jeudi 1 avril 2021

Message de Pâques 2021

Chers amis, chères amies,

Encore une fois, nous sommes confinés pour les Jours saints. Quelle tristesse! Seule une poignée de gens pourront participer aux célébrations paroissiales. Et nous ne pourrons pas nous retrouver avec nos familles et nos amis pour célébrer Pâques. Cette pandémie nous dérobe des moments importants de nos vies. Elle nous oblige à nous replier sur nos demeures, ce qui, pour plusieurs, équivaut tout simplement à la solitude totale.

On me dira que la foi chrétienne mise sur la résurrection du Christ, sur la conviction que la mort n’a pas eu le dernier mot dans la vie. On me dira qu’il ne faut pas désespérer et qu’il y aura de meilleurs jours après ce sombre passage.

C’est vrai, mais il me semble que la Bonne Nouvelle de Jésus est plus qu’une version biblique du dicton «Après la pluie, le beau temps.» Fêter Pâques, c’est plus que dessiner des arcs-en-ciel et nous dire «Ça va bien aller.» C’est au moins cela, certes, mais c’est encore plus.

Célébrer Pâques, c’est non seulement croire qu’on peut revivre après la mort, c’est croire que la vie jaillit de la mort, que la mort elle-même est source de vie. C’est ce que Jésus enseignait à ses disciples : «Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.»

Célébrer Pâques, c’est donc croire à la valeur du Vendredi saint, à la différence qu’il opère dans nos vies et dans le monde. C’est découvrir avec les disciples de Jésus que sa mort elle-même est source de vie, parce qu’elle déborde d’amour pour nous.

Célébrer Pâques, ce n’est pas seulement croire que la pandémie passera et que nous retrouverons de meilleurs jours. C’est croire que, au cœur même de cette pandémie, la vie se cache, cherche à se dire, à se frayer un chemin et à nous transformer.

Célébrer Pâques, ce n’est pas seulement croire que le beau temps reviendra après la pluise, c’est croire que la pluie elle-même a sa raison d’être, qu’elle est bénéfique et nécessaire. Comme le dit la belle prière attribuée à saint François : « C’est  en donnant que l’on reçoit, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, et c’est en mourant que l’on ressuscite à la vie éternelle. »

À chacun et à chacune d’entre vous, à vos familles et à vos amis, je prie que Pâques, cette année, soit un temps de réflexion, de prière et de renouveau. La pandémie nous oblige à creuser au fond de nous-mêmes pour trouver les ressources nécessaires pour l’endurer : c’est dans cette profondeur que nous trouverons la présence de Celui qui est descendu aux enfers pour nous faire remonter avec lui dans la plénitude de la vie.

Joyeuses Pâques!

Paul-André

mercredi 24 mars 2021

Prière eucharistique II

 

(Les passages en italique reprennent une prière eucharistique rapportée par Saint Hippolyte au troisième siècle dans un texte appelé « La tradition apostolique. »)

 

    Préface

Vraiment, Père très saint,
il est juste et bon de te rendre grâce,
toujours et en tout lieu,
par ton Fils bien-aimé, Jésus Christ :

Car il est ta Parole vivante,
par qui tu as crée toutes choses;
c'est lui que tu nous as envoyé
comme Rédempteur et Sauveur,
Dieu fait homme, conçu de l'Esprit Saint,
né de la Vierge Marie;

Pour accomplir jusqu'au bout ta volonté
et rassembler du milieu des hommes
un peuple saint qui t'appartienne,
il étendit les mains à l'heure de sa passion,
afin que soit brisée la mort,
et que la résurrection soit manifestée.

C'est pourquoi,
avec les anges et tous les saints,
nous proclamons ta gloire,
en chantant (disant) d'une seule voix

    Sanctus

Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur Dieu de l'univers !
Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.
Hosanna au plus haut des cieux.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna au plus haut des cieux.

    Prière eucharistique

Toi qui es vraiment saint,
Toi qui es la source de toute sainteté.
Seigneur, nous te prions :

Sanctifie ces offrandes
En répandant sur elles ton Esprit,
qu'elles deviennent pour nous
le corps et le sang
de Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Au moment d'être livré
et d'entrer librement dans sa passion,
il prit le pain, il rendit grâce, il le rompit
et le donna à ses disciples, en disant :

« Prenez, et mangez-en tous :
ceci est mon corps livré pour vous. »

De même, à la fin du repas, il prit la coupe;
de nouveau il rendit grâce,
et la donna à ses disciples, en disant

« Prenez, et buvez-en tous,
car ceci est la coupe de mon sang,
le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle,
qui sera versé
pour vous et pour la multitude
en rémission des péchés.
Vous ferez cela, en mémoire de moi. »

    Acclamation de l’assemblée

Il est grand, le mystère de la foi :

Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus,
nous célébrons ta résurrection,
nous attendons ta venue dans la gloire.

    Suite de la prière eucharistique

Faisant ici mémoire

de la mort et de la résurrection de ton Fils,

nous t’offrons, Seigneur,

le pain de la vie et la coupe du salut,

et nous te rendons grâce

car tu nous as choisis pour servir en ta présence.

Humblement, nous te demandons
qu'en ayant part au corps et au sang du Christ,
nous soyons rassemblés
par l'Esprit Saint
en un seul corps.

 

Souviens-toi, Seigneur,
de ton église répandue à travers le monde :
fais-la grandir dans ta charité
avec le Pape N.
notre évêque N.
et tous ceux qui ont la charge de ton peuple.

Faisant ici mémoire
de la mort et de la résurrection de ton Fils,
nous t'offrons, Seigneur,
le pain de la vie et la coupe du salut,
et nous te rendons grâce,
car tu nous as choisis pour servir en ta présence.

Souviens-toi aussi de nos frères
qui se sont endormis dans l'espérance de la résurrection,
et de tous les hommes qui ont quitté cette vie :
reçois-les dans ta lumière, auprès de toi.

Sur nous tous enfin,
nous implorons ta bonté.
Permets qu'avec la Vierge Marie,
la bienheureuse Mère de Dieu,
avec les Apôtres et les saints de tous les temps
qui ont vécu dans ton amitié,
nous ayons part à la vie éternelle,
et que nous chantions ta louange,
par Jésus Christ, ton Fils
bien-aimé.

Par lui, avec lui et en lui,
à toi, Dieu le Père tout-puissant,
dans l'unité du Saint-Esprit,
tout honneur et toute gloire,
pour les siècles des siècles.

Amen.