mercredi 15 mai 2013

Enfants d'esclavage, enfants de liberté


Lire Romains 8,8-17

Nombreux sont les péchés contre la dignité humaine, mais l'esclavage est à classer parmi les pires. Envisager une personne en tant que possession d'une autre; accepter comme normale l'idée qu’un être humain doive servir l'autre sans liberté de pensée, de mouvement ou de volonté; réduire un être humain à l'ombre de ce que signifie être humain: tout cela s'érige en un crime contre l'humanité elle-même.

Malheureusement, l'esclavage fait partie de la réalité humaine depuis le début de la société. Au temps de Jésus, il s'agissait toujours d'une institution acceptée, en particulier chez les Romains et les Grecs. Chez plusieurs de ces esclaves, habitués à la crainte et l'incertitude chronique, le message de l'Évangile ne pouvait que provoquer une réaction positive. Pour eux, la simple idée que chaque personne jouit d'une dignité et d'une valeur intrinsèques était vraiment une Bonne Nouvelle.

Paul contraste la situation de l'esclave à celui de l'enfant né de parents libres. Cet enfant, chéri par ses parents, aimé par sa famille, destiné à hériter de la fortune de son père, voit s'ouvrir devant lui ou elle tout un avenir. Quel contraste avec l'esclave qui habite la même maison, mais ne connaît aucune liberté, est chéri par personne, n'a pas de famille, est destiné à la pauvreté pour la durée de sa vie.

Paul affirme que ceux et celles qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils et filles de Dieu. Ils ne se rapportent pas à Dieu comme des esclaves à leur maître, mais comme des enfants à leurs parents aimants et attentionnés. Ils savent qu'ils sont protégés et choyés. Et ils sont destinés à hériter de la fortune de leur Père: la vie éternelle elle-même.




L'Esprit nous conduit hors l'esclavage vers la liberté. De qui serions-nous esclaves? De fait, nous sommes esclaves de nous-mêmes: de nos passions, de nos besoins, de nos insécurités et de nos obsessions. Paul appelle tout ça «la chair». Cette expression symbolise pour lui tout ce qui nous entraîne par en bas et nous empêche d'être vraiment libres.

Si nous demeurons esclaves de «la chair», il n'y a aucun espoir pour nous: nous sommes condamnés à la mort. Si, en revanche, nous ouvrons nos cœurs à l'Esprit de Dieu, en laissant derrière nous les allures de «la chair», alors nous sommes promis à la vie, la vie en abondance, la vie sans fin.

À la Pentecôte, l'Esprit descendit sur les apôtres et les enflamma. Ce même Esprit nous est offert aujourd'hui: Esprit de vérité et d'amour, Esprit qui nous conduit de l'esclavage et de la peur vers la vie en abondance. Réjouissons-nous donc dans l'Esprit. Et prions pour l'Esprit. Et vivons dans l'Esprit

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