jeudi 24 mars 2016

Texte de mon homélie à la messe chrismale

Année de faveur, indulgence du Père


Ce soir, en arrivant à la cathédrale, on vous a invité à passer par la Porte de la miséricorde que nous avons désignée pour cette année jubilaire. Depuis le début décembre, plusieurs personnes y sont passées... et nous prévoyons que de nombreux groupes et individus profiteront du printemps et de l’été pour faire cette expérience.

Dans ce cadre, j’entends souvent des questions au sujet de l’indulgence plénière liée à cette démarche. Je dois admettre que c’est un thème avec lequel je suis mal à l’aise. On a si souvent mal compris l’idée de l’indulgence plénière, elle a joué un si grand rôle dans la séparation de l’Église il y a cinq cents ans, que j’aurais parfois le goût qu’on n’en parle plus.

Mais j’ai décidé étudier cette réalité de plus près, surtout à partir des quelques indications que nous donne le Pape François. Je vous partage trois leçons que je tire de mes réflexions.
***
Premièrement, l’indulgence n’est pas une chose, un genre de laissez-passer qu’on gagnerait grâce à certains gestes quasi magiques. L’indulgence n’est pas une chose : elle est une qualité, une qualité qu’on retrouve chez certaines personnes humaines, une qualité qu’on reconnaît de façon éminente en Dieu. Dieu est un Père indulgent qui veut nous faire vivre pleinement, au-delà de nos limites et de nos faiblesses. Il nous donne la vie, il nous relève quand nous tombons, il nous guérit de nos blessures, il nous envoie son Fils pour marcher avec nous, il nous donne son Esprit pour être notre vie. Première leçon : l’indulgence c’est l’amour de Dieu, un amour fidèle, inconditionnel, éternel.
***
Deuxièmement, Dieu ne se satisfait pas de nous pardonner nos fautes. C’est déjà beaucoup, énorme même. Mais Dieu veut faire plus pour nous : Dieu veut nous aider à guérir du mal qu’on s’est fait et à réparer le mal qu’on fait aux autres. Dans sa grande miséricorde, il nous pardonne ET il nous aide à réparer le monde. Car lorsqu’on prend conscience du mal qu’on a commis, on se sent responsable des conséquences de ce mal.

Disons que j’étais un joueur de hockey amateur qui m’amusait dans une ligue formée d’amis. Un jour, stressé par mon ouvrage, fatigué par des réparations à la maison, frustré par mon manque de succès au jeu, je me laisse aller un peu et je plaque un bon ami assez durement pour lui casser le nez. Morfondu par mon manque de discipline personnelle, profondément navré d’avoir blessé mon ami, je multiplie les excuses en lui demandant pardon. Et lui de me répondre, « Ça va, je te pardonne, mais emmène-moi à l’hôpital, pour l’amour du ciel ! » Ma faute est peut-être pardonnée, mais la conséquence du mal que j’ai fait demeure. Je veux réparer ce mal.
Dans le judaïsme contemporain, une expression s’est répandue depuis quelques décennies : Tikkun Olan — qui, en hébreu, veut dire réparer le monde. Ceux qui suivent ce courant sentent que le Peuple juif a été choisi particulièrement pour cette mission. Je vous suggère que nous, catholiques, devrions aussi apprendre cette belle expression — Tikkun Olan —, car en tant qu’héritiers de l’Alliance nous portons également la responsabilité de réparer le monde.

N’est-ce pas là justement la raison de la venue du Christ parmi nous ?
Le Seigneur m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.

Mes amis, nous nous retrouvons ce soir au cœur d’une telle année favorable, une année jubilaire. Et il y encore parmi nous des pauvres, des captifs, des aveugles et des opprimés. Il y a encore un monde à réparer. L’onction qui a consacré Jésus à cette mission nous consacre aussi — car nous avons été consacrés par l’onction du baptême, de la confirmation ou de l’ordre. La mission du Christ est également la nôtre : réparer le monde.

Dieu, dans son indulgence, ne nous laisse pas seuls face à cette responsabilité. Il nous donne sa grâce pour nous aider à y répondre. Il nous donne son Esprit qui nous guérit. Et ce même Esprit nous donne la force d’embrasser cette tâche à deux bras et de nous y engager pleinement. Deuxième leçon : l’indulgence, c’est Dieu qui nous guérit et nous donne la force de réparer le monde avec Jésus.

***
Troisièmement, l’indulgence n’est pas une réalité individuelle, mais communautaire. Les conséquences du mal dans le monde sont trop complexes et enchevêtrées pour être par une personne seule, aussi sainte soit-elle.

Permettez-moi de reprendre mon exemple. Disons que j’avais un fils adolescent qui me regardait jouer. Comment aurait-il réagi devant mon excès de force ? Peut-être aurait-il pensé, « Mon père, ça c’est un homme ! Je veux être comme lui, ne pas me laisser passer sur le dos, frapper avant d’être frappé ! » Mon fils pourrait peut-être justifier sa violence à la vue de la mienne.

Et peut-être ai-je une fille plus jeune, également témoin de l’incident. Peut-être aurait-elle pensé, « Mon père est violent ! Ça me fait peur. » Et j’aurais semé la méfiance dans son cœur par mon geste fou.

La violence de mon fils, la méfiance de ma fille, peut-être y ai-je contribué ? Pourraient-ils à leur tour blesser leurs amis, emportés par leurs émotions comme moi ? Comment réparer ces conséquences de mon geste, conséquences que je ne peux même pas soupçonner ?

Seul, je ne le peux pas. C’est pourquoi j’ai besoin des autres pour réparer le monde. Voyez Jésus : dès que son Père le consacre pour la mission, Jésus va se trouver des collaborateurs et des collaboratrices avec lesquels relever le défi. Ainsi est née l’Église, ce grand mouvement d’hommes et de femmes consacrés à la réparation du monde avec le Christ.

Dans sa grande indulgence, Dieu nous unit au Christ et entre nous pour tisser un immense réseau de grâce, de bonté et de sainteté au cœur de notre monde, un réseau qu’on appelle la communion des saints. L’indulgence du Père nous insère dans ce réseau, qui dépasse les limites de ce monde et de ce temps. Ensemble, nous pouvons nous aider les uns les autres à guérir de nos blessures, à discerner avec sagesse, à agir avec courage en réparant le monde. Troisième leçon : l’indulgence, c’est Dieu qui nous donne une multitude de frères et de sœurs pour aller réparer ce monde qui est nôtre.
***

Comment conclure ? De fait, il n’y a pas de conclusion. C’est pourquoi nous avons mis une affiche sur les deux côtés de notre porte de la miséricorde, pas seulement sur un côté.
  
En entrant dans la cathédrale, l’affiche sur la porte nous invite à venir rencontrer la miséricorde, l’indulgence de Dieu qui se penche sur nous pour donner la vie, nous guérir, nous faire entrer dans la communion des saints.

Et en sortant de la cathédrale, une seconde affiche nous indique le chemin qui nous attend et nous rappelle ces nombreuses œuvres de miséricorde qui nous permettent de réparer le monde. Forts de l’indulgence de Dieu, nous reprenons la route pour aller être, au cœur du monde, des signes vivants de sa miséricorde et de son indulgence. Nous ne concluons pas, nous commençons !

J’ajoute ceci : dans notre diocèse, nous avons identifié une quinzième œuvre de miséricorde à pratiquer d’une façon particulière entre nous. Elle se nomme la valorisation. Nous en avons fait la priorité pastorale de notre diocèse pour cette année. Valoriser un autre, c’est justement l’aider à découvrir qu’il fait partie de ce réseau d’hommes et de femmes consacrés à réparer le monde. Valoriser un autre, c’est lui dire qu’il fait une différence dans notre monde et que sa présence est importante. Valoriser un autre, c’est pratiquer l’indulgence... un peu à la façon de Dieu.



Soyons indulgents comme le Père !


samedi 5 décembre 2015

Que fêtons-nous à Noël?

Contre les attentes de sa famille, une adolescente se retrouve enceinte. Les lois de l’état l’obligent à suivre son fiancé vers une autre province où elle ne connaît personne. Elle donne naissance à son enfant dans la plus grande pauvreté. Face à la persécution, elle est obligée de s’exiler dans un pays étranger où elle élève son fils parmi les réfugiés...

Des histoires semblables, les médias en regorgent tous les jours, au point où l’on ne les remarque plus. Sauf lorsqu’une photo d’un enfant mort, étendu sur le sable d’une plage, vient nous bouleverser. Alors, ce n’est plus juste une histoire, c’est un enfant comme le mien, une famille comme la mienne qui vit une tragédie trop humaine, trop cruelle.

L’histoire de l’adolescente enceinte n’est pas juste une histoire. Elle s’appelait Myriam. Son fiancé, Yosef. Son enfant, Yeshoua. Nous les connaissons sous des noms francisés : Marie, Joseph et Jésus. Un enfant bien vivant avec deux parents en chair et en os, victimes des politiques et des guerres de l’époque, pris par le drame de l’exclusion, de la pauvreté, de l’exil. Et autour d’eux, quelques simples bergers, trois astrologues étrangers, deux vieillards au Temple.

Les chrétiens de tous les temps voient dans la vie de ces gens qui nous ressemblent la main de Dieu à l’œuvre. Dieu traçant une nouvelle courbe pour notre histoire. Dieu ouvrant un avenir qui promet, au-delà de toute violence et de toute guerre, un Règne de justice, de paix et de joie.

C’est ce que nous fêtons à Noël. Le souvenir de ces gens. L’inauguration d’un nouveau temps dans notre histoire. L’irruption dans notre monde d’un Dieu qui, ô merveille, se fait petit et fragile comme un nouveau-né.

Comment fêter Noël, alors, sans penser aux milliers de familles qui, aujourd’hui encore, vivent des tragédies semblables à celle de la famille de Nazareth? Que Noël ouvre nos cœurs et nos maisons aux adolescents perdus, aux jeunes couples désemparés, aux réfugiés sans espoir, aux exilés sans amis, à tous ceux et celles qui se sentent petits et fragiles comme un nouveau-né. Comme Jésus.

jeudi 15 octobre 2015

Synode 2015 - Jour 11

Hier nous avons fait la lecture des rapports des treize groupe de discussion à l'assemblée générale du Synode. Le groupe de langue française C dont je suis le secrétaire ou rapporteur a proposé un prologue à la partie II de l'instrument de travail. Ce prologue se veut un résumé théologique de l'enseignement de l'Église sur la vocation et la mission de la famille dans le monde. Il s'agit d'un texte court mais très dense qui pourra aider à comprendre le sens de cette partie II.

Mais nous avons aussi ajouter quelques considérations que je vous présente ci-dessous en italiques. Elle résume bien le sens de nos échanges en petit groupe durant nos rencontres de lundi et de mardi.

- Les expériences pastorales partagées en notre groupe nous convainquent que, dans l’Eglise, parler de la famille, c’est parler d’une réalité humaine qui s’inscrit dans le temps et dans l’espace. Chaque famille a ses généalogies qui l’enracinent dans une histoire et une culture. Chaque famille est fondée par tel homme et telle femme qui lient leur destinée et la confient au Christ qui veut que tous aient la vie en abondance. L’histoire de leur vie et de leur amour, leur engagement mutuel dans la fidélité, leur volonté de réaliser l’économie de leur baptême par leur alliance conjugale, l’établissement de leur «maison» et l’éducation de leurs enfants, tout cela est porté et traversé de part en part par la puissance de la miséricorde de Dieu. La mission de la famille, par son existence même, est de rendre témoignage de cet appel à enraciner sans cesse nos alliances humaines dans le mystère pascal du Christ.

- Les histoires humaines en quête de bonheur, aujourd’hui comme au temps bibliques, sont complexes, faites de joies et de peines, d’espoirs et de découragements, de fidélités et d’abandon. Elles sont marquées par leur contexte culturel. Elles sont aussi parfois l’occasion d’épreuves difficiles de l’échec ou de l’erreur. Cette complexité est le lieu et l’occasion de la manifestation du mystère de la miséricorde de Dieu. Car Dieu situe chacune de ces histoires familiales particulières et les ordonne toutes ensembles dans l’horizon de la communion du Royaume promise et réalisée par le Christ.

- Nous formulons donc un souhait: que le présent synode ouvre une période de patiente recherche commune des théologiens et des pasteurs qui chercheront ensemble à établir les justes balises d’une pastorale familiale, pastorale qui saura traduire l’Evangile de la famille dans cet horizon de la communion. Nous avons moins besoin d’aménagements de discipline universelle que d’une base solide pour la réflexion et l’engagement en pastorale. Ainsi, dans chacune de nos Églises particulières, nos pasteurs, nos communautés et nos familles sauront mieux se faire l’écho de l’inlassable confiance de Dieu en la capacité de l’homme à vivre en communion. De cette communion, l’unité du mariage sacramentel est le signe par excellence. Merci.

mercredi 14 octobre 2015

Synode 2015 - Jour 9

Lundi et mardi étaient consacrés aux petits groupes de discussion. Un des changements qu'on a apportés à la procédure du synode cette année consiste justement à donner plus de temps à ces groupes, et je dois dire que je l'apprécie beaucoup. La discussion dans notre groupe est très riche. Les points de vue de l'Asie, de l'Afrique et du Moyen Orient me rappellent que l'Église est vraiment universelle. Les diverses sensibilités font que certaines expressions qui passeraient sans difficulté chez nous doivent être finement nuancées pour être recevables ailleurs.

 

Notre collègue japonais, par exemple, nous expliquait qu'il n'y a pas de mot dans sa langue pour dire 'mystère', un mot dont nous nous servons sans souci en français. Il nous a dit qu'il essayait d'expliquer cela à ses fidèles par toutes sortes de moyens, mais qu'il n'y arrivait pas. Un collègue du Moyen Orient lui a répondu: 'C'est un vrai mystère, n'est-ce pas?' Nous avons bien ri! (L'humour chez les évêques est très subtile...)

 

Notre sujet de discussion? La deuxième partie de l'instrument de travail. Suivant la méthode voir-juger-agir, il s'agissait de 'juger' - c'est-à-dire discerner - la situation décrite dans la première partie à partir de nos convictions et de nos valeurs. Cette deuxième partie cherche donc à mieux dire comment la foi chrétienne voit le mariage aujourd'hui. Évidemment, notre vision est puisée dans l'Évangile qui nous est transmis dans la vie, la prière et l'enseignement de l'Église. Comme notre instrument de travail est le fruit de nombreuses consultations et rédactions successives, il est un peu éclaté. Nous avons donc pensé comme groupe préparer un 'prologue' synthétique à ce chapitre, qui ramasserait en quelques paragraphes l'essentiel de notre vision. C'est ce que je présenterai plus tard aujourd'hui durant l'assemblée générale dans le contexte de mon rapport de groupe.

 

Encore une fois, mon rôle de rapporteur a causé un surcroît de travail, ce qui explique mon manque de fidélité à ce blogue. Ça ne veut pas dire que je ne pense pas à vous, chers lecteurs et lectrices, surtout ceux et celles de mon diocèse. Vous êtes constamment dans ma prière: gardez-moi dans la vôtre, s'il-vous-plaît.

samedi 10 octobre 2015

Synode 2015 - Jour 7

Voilà quelques jours que je n'ai pas donné de mes nouvelles. C'est que j'ai été élu rapporteur de mon carrefour linquistique mardi après-midi, et cela m'a donné un surcroît de travail.

D'abord, un mot au sujet des carrefours linguistiques. Tous les pères synodaux, les observateurs, les experts et les assistants sont divisés en une douzaine de carrefours qui regroupent une vingtaine de personnes parlant la même langue. Il y a des carrefours de langue française, anglaise, italienne, espagnole et allemande.

Les membres de mon carrefour viennent de partout: on y trouve six Africains, quatre Européens, cinq du Moyen Orient, trois de l'Asie et moi, du Canada. Quelle diversité extraordinaire! Nos échanges sont très riches, alors que nous partageons nos expériences, nos défis et nos espoirs.

Qu'est-ce que ça veut dire, être rapporteur d'un tel carrefour? Voici comment le règlement du Synode décrit ma tâche:

a. Chaque jour, lors des sessions en Carrefour ou à la fin des débats sur l'argument particulier, il résume les opinions exprimées, qu'elles soient concordantes ou discordantes.

b. Terminée la discussion dans le Carrefour, il prépare le rapport à soumettre à l'approbation des Membres du Carrefour. Celui-ci devra inclure toutes les opinions, tant celles concordantes que celles discordantes, et le Rapporteur le présentera en Congrégation générale.

c. Conclu l'examen des amendements dans le Carrefours, il prépare les amendements ocllectifs à soumettre à l'approbation des Membres des Carrefours et ensuite il collabore avec le Rapporteur Général dans l'examen des amendements collectifs.

Concrètement, cela veut dire que je prends les notes durant les discussions (paragraphe 'a'). Cette semaine, nous avons eu quatorze heures de discussion, alors vous pouvez vous imaginez ce que cela peut représenter.

À partir de ces notes, j'ai préparé le rapport dont on parle au paragraphe 'b'. J'en ai fait la lecture dans la grande assemblée hier matin, durant la session où nous avons écouté tous les rapporteurs nous présenter leurs rapports. Cela nous a permis de se faire une bonne idée des discussions qui se sont déroulées dans les divers carrefours. Cet article présente une bonne perspective d'ensemble et résume bien les trois rapports de lanque française, y inclus le mien.

Le paragraphe 'c' indique que je devais préparer les amendements collectifs. En effet, notre travail fondamental en carrefour consiste à enrichir le document de travail dont je vous ai déjà parlé. Cette semaine, nous travaillions sur la première partie. Chaque suggestion (de changer un mot ou une phrase, d'ajouter un paragraphe ou d'en enlever un, de changer l'ordre phrases ou des paragraphes) doit être préparée comme un amendement à être approuvé par la majorité du groupe avant d'être transmis au secrétariat général. J'ai ainsi préparé 25 amendements, certains reprenant des numéros en entier. Cela explique que je me suis couché à 2h du matin mercredi soir!

Enfin, le paragraphe 'c' précise que je devais travailler avec les autres rapporteurs à rassembler tous les amendements de tous les carrefours linguistiques pour les harmoniser (autant que possible) en un texte final. Cela nous a occupé de 15h à 21h hier... j'ai souper tard.

Sans doute est-ce un travail exigeant, mais il est aussi très intéressant. Il me permet de collaborer au coeur même du synode et de faire ma part pour que ce processus réussisse. Hier, nous finissions le travail sur la partie I du document. Aujourd'hui, nous avons commencé à étudier la partie II, étape qui nous verra reprendre tout ce processus dans les carrefours à partir de lundi. Ensuite, nous le referons une dernière fois pour la troisième partie.

Priez pour moi!

mardi 6 octobre 2015

Jour 3 -Synode

En ce troisième jour du synode, nous écoutions les interventions des membres qui voulait parler sur un point ou l'autre de la première partie de l'instrument de travail. J'ai choisi de parler au sujet du numéro 29 qui concerne le rôle des femmes. Comme mon texte est presque entièrement imprimer à l'Internet (je ne sais pas qui en a divulgué le contenu), je crois qu'il est bon que je vous le présente dans son intégrité. Le voici.

Les statistiques les plus récentes de l'Organisation mondiale de la santé révèlent ce fait troublant: encore aujourd'hui, près d'un tiers des femmes dans le monde sont victimes de violence conjugales. Pourtant, dans Familiaris Consortio, le Saint Pape Jean-Paul II avait lancé un vigoureux appel : « Je demande à tous de s'engager dans une action pastorale spécifique plus vigoureuse et plus incisive afin que les offences à la dignité de la femme soient définitivement éliminées. » Malheureusement, plus de trente ans plus tard, les femmes continuent de subir discrimination et violence au mains des hommes, y inclus de leurs époux.

Devant cette triste et dramatique réalité, je propose que ce Synode affirme clairement qu'une interprétation correcte de l'Écriture sainte ne permet jamais de justifier la domination de l'homme sur la femme. En particulier, ce Synode devrait affirmer que les passages où Saint Paul parle de la soumission de la femme à son mari ne peuvent pas justifier la domination de l'homme sur la femme, encore moins la violence à son égard.

Mais il faut aller plus loin. Pour manifester clairement au monde l'égale odignité des femmes et des hommes dans l'Église, nous devrions reprendre la réflexion du Pape Benoît XVI dans son discours au clergé romain en mars 2006 lorsqu'il a dit : « Il est juste de se demander si, dans le service ministériel... on ne peut pas offrir plus de postes, plus de positions de responsabilité aux femmes. »

Je propose donc trois autres pistes d'action à ce Synode.

1. Que ce Synode considère la possibilité d'octroyer à des hommes et des femmes mariés, bien formés et accompagnés, la permission de prendre la parole lors des homélies à la Messe afin de témoigner du lien entre la Parole proclamée et leur vie d'époux et de parents.

2. Qu'afin de reconnaître l'égale capacité des femmes d'assumer des postes décisionnels dans l'Église, ce Synode recommande de nommer des femmes aux postes qu'elles pourraient occuper dans la Curie romaine et dans nos curies diocésaines.

3. Enfin, concernant le diaconat permanent, que ce Synode recommande l'établissement d'un processus qui pourrait éventuellement ouvrir aux femmes l'accès à cet ordre qui, comme le dit la tradition, est orienté non ad sacerdotium, sed ad ministerium.