lundi 11 avril 2016
Amoris Laetitia - Point de départ
jeudi 24 mars 2016
Texte de mon homélie à la messe chrismale
dimanche 20 mars 2016
Homélie du dimanche des Rameaux
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samedi 5 décembre 2015
Que fêtons-nous à Noël?
Contre les attentes de sa famille, une adolescente se retrouve enceinte. Les lois de l’état l’obligent à suivre son fiancé vers une autre province où elle ne connaît personne. Elle donne naissance à son enfant dans la plus grande pauvreté. Face à la persécution, elle est obligée de s’exiler dans un pays étranger où elle élève son fils parmi les réfugiés...
Des histoires semblables, les médias en regorgent tous les jours, au point où l’on ne les remarque plus. Sauf lorsqu’une photo d’un enfant mort, étendu sur le sable d’une plage, vient nous bouleverser. Alors, ce n’est plus juste une histoire, c’est un enfant comme le mien, une famille comme la mienne qui vit une tragédie trop humaine, trop cruelle.
L’histoire de l’adolescente enceinte n’est pas juste une histoire. Elle s’appelait Myriam. Son fiancé, Yosef. Son enfant, Yeshoua. Nous les connaissons sous des noms francisés : Marie, Joseph et Jésus. Un enfant bien vivant avec deux parents en chair et en os, victimes des politiques et des guerres de l’époque, pris par le drame de l’exclusion, de la pauvreté, de l’exil. Et autour d’eux, quelques simples bergers, trois astrologues étrangers, deux vieillards au Temple.
Les chrétiens de tous les temps voient dans la vie de ces gens qui nous ressemblent la main de Dieu à l’œuvre. Dieu traçant une nouvelle courbe pour notre histoire. Dieu ouvrant un avenir qui promet, au-delà de toute violence et de toute guerre, un Règne de justice, de paix et de joie.
C’est ce que nous fêtons à Noël. Le souvenir de ces gens. L’inauguration d’un nouveau temps dans notre histoire. L’irruption dans notre monde d’un Dieu qui, ô merveille, se fait petit et fragile comme un nouveau-né.
Comment fêter Noël, alors, sans penser aux milliers de familles qui, aujourd’hui encore, vivent des tragédies semblables à celle de la famille de Nazareth? Que Noël ouvre nos cœurs et nos maisons aux adolescents perdus, aux jeunes couples désemparés, aux réfugiés sans espoir, aux exilés sans amis, à tous ceux et celles qui se sentent petits et fragiles comme un nouveau-né. Comme Jésus.
jeudi 15 octobre 2015
Synode 2015 - Jour 11
Hier nous avons fait la lecture des rapports des treize groupe de discussion à l'assemblée générale du Synode. Le groupe de langue française C dont je suis le secrétaire ou rapporteur a proposé un prologue à la partie II de l'instrument de travail. Ce prologue se veut un résumé théologique de l'enseignement de l'Église sur la vocation et la mission de la famille dans le monde. Il s'agit d'un texte court mais très dense qui pourra aider à comprendre le sens de cette partie II.
Mais nous avons aussi ajouter quelques considérations que je vous présente ci-dessous en italiques. Elle résume bien le sens de nos échanges en petit groupe durant nos rencontres de lundi et de mardi.
- Les expériences pastorales partagées en notre groupe nous convainquent que, dans l’Eglise, parler de la famille, c’est parler d’une réalité humaine qui s’inscrit dans le temps et dans l’espace. Chaque famille a ses généalogies qui l’enracinent dans une histoire et une culture. Chaque famille est fondée par tel homme et telle femme qui lient leur destinée et la confient au Christ qui veut que tous aient la vie en abondance. L’histoire de leur vie et de leur amour, leur engagement mutuel dans la fidélité, leur volonté de réaliser l’économie de leur baptême par leur alliance conjugale, l’établissement de leur «maison» et l’éducation de leurs enfants, tout cela est porté et traversé de part en part par la puissance de la miséricorde de Dieu. La mission de la famille, par son existence même, est de rendre témoignage de cet appel à enraciner sans cesse nos alliances humaines dans le mystère pascal du Christ.
- Les histoires humaines en quête de bonheur, aujourd’hui comme au temps bibliques, sont complexes, faites de joies et de peines, d’espoirs et de découragements, de fidélités et d’abandon. Elles sont marquées par leur contexte culturel. Elles sont aussi parfois l’occasion d’épreuves difficiles de l’échec ou de l’erreur. Cette complexité est le lieu et l’occasion de la manifestation du mystère de la miséricorde de Dieu. Car Dieu situe chacune de ces histoires familiales particulières et les ordonne toutes ensembles dans l’horizon de la communion du Royaume promise et réalisée par le Christ.
- Nous formulons donc un souhait: que le présent synode ouvre une période de patiente recherche commune des théologiens et des pasteurs qui chercheront ensemble à établir les justes balises d’une pastorale familiale, pastorale qui saura traduire l’Evangile de la famille dans cet horizon de la communion. Nous avons moins besoin d’aménagements de discipline universelle que d’une base solide pour la réflexion et l’engagement en pastorale. Ainsi, dans chacune de nos Églises particulières, nos pasteurs, nos communautés et nos familles sauront mieux se faire l’écho de l’inlassable confiance de Dieu en la capacité de l’homme à vivre en communion. De cette communion, l’unité du mariage sacramentel est le signe par excellence. Merci.
mercredi 14 octobre 2015
Synode 2015 - Jour 9
Notre collègue japonais, par exemple, nous expliquait qu'il n'y a pas de mot dans sa langue pour dire 'mystère', un mot dont nous nous servons sans souci en français. Il nous a dit qu'il essayait d'expliquer cela à ses fidèles par toutes sortes de moyens, mais qu'il n'y arrivait pas. Un collègue du Moyen Orient lui a répondu: 'C'est un vrai mystère, n'est-ce pas?' Nous avons bien ri! (L'humour chez les évêques est très subtile...)
Notre sujet de discussion? La deuxième partie de l'instrument de travail. Suivant la méthode voir-juger-agir, il s'agissait de 'juger' - c'est-à-dire discerner - la situation décrite dans la première partie à partir de nos convictions et de nos valeurs. Cette deuxième partie cherche donc à mieux dire comment la foi chrétienne voit le mariage aujourd'hui. Évidemment, notre vision est puisée dans l'Évangile qui nous est transmis dans la vie, la prière et l'enseignement de l'Église. Comme notre instrument de travail est le fruit de nombreuses consultations et rédactions successives, il est un peu éclaté. Nous avons donc pensé comme groupe préparer un 'prologue' synthétique à ce chapitre, qui ramasserait en quelques paragraphes l'essentiel de notre vision. C'est ce que je présenterai plus tard aujourd'hui durant l'assemblée générale dans le contexte de mon rapport de groupe.
Encore une fois, mon rôle de rapporteur a causé un surcroît de travail, ce qui explique mon manque de fidélité à ce blogue. Ça ne veut pas dire que je ne pense pas à vous, chers lecteurs et lectrices, surtout ceux et celles de mon diocèse. Vous êtes constamment dans ma prière: gardez-moi dans la vôtre, s'il-vous-plaît.
samedi 10 octobre 2015
Synode 2015 - Jour 7
Voilà quelques jours que je n'ai pas donné de mes nouvelles. C'est que j'ai été élu rapporteur de mon carrefour linquistique mardi après-midi, et cela m'a donné un surcroît de travail.
D'abord, un mot au sujet des carrefours linguistiques. Tous les pères synodaux, les observateurs, les experts et les assistants sont divisés en une douzaine de carrefours qui regroupent une vingtaine de personnes parlant la même langue. Il y a des carrefours de langue française, anglaise, italienne, espagnole et allemande.
Les membres de mon carrefour viennent de partout: on y trouve six Africains, quatre Européens, cinq du Moyen Orient, trois de l'Asie et moi, du Canada. Quelle diversité extraordinaire! Nos échanges sont très riches, alors que nous partageons nos expériences, nos défis et nos espoirs.
Qu'est-ce que ça veut dire, être rapporteur d'un tel carrefour? Voici comment le règlement du Synode décrit ma tâche:
a. Chaque jour, lors des sessions en Carrefour ou à la fin des débats sur l'argument particulier, il résume les opinions exprimées, qu'elles soient concordantes ou discordantes.
b. Terminée la discussion dans le Carrefour, il prépare le rapport à soumettre à l'approbation des Membres du Carrefour. Celui-ci devra inclure toutes les opinions, tant celles concordantes que celles discordantes, et le Rapporteur le présentera en Congrégation générale.
c. Conclu l'examen des amendements dans le Carrefours, il prépare les amendements ocllectifs à soumettre à l'approbation des Membres des Carrefours et ensuite il collabore avec le Rapporteur Général dans l'examen des amendements collectifs.
Concrètement, cela veut dire que je prends les notes durant les discussions (paragraphe 'a'). Cette semaine, nous avons eu quatorze heures de discussion, alors vous pouvez vous imaginez ce que cela peut représenter.
À partir de ces notes, j'ai préparé le rapport dont on parle au paragraphe 'b'. J'en ai fait la lecture dans la grande assemblée hier matin, durant la session où nous avons écouté tous les rapporteurs nous présenter leurs rapports. Cela nous a permis de se faire une bonne idée des discussions qui se sont déroulées dans les divers carrefours. Cet article présente une bonne perspective d'ensemble et résume bien les trois rapports de lanque française, y inclus le mien.
Le paragraphe 'c' indique que je devais préparer les amendements collectifs. En effet, notre travail fondamental en carrefour consiste à enrichir le document de travail dont je vous ai déjà parlé. Cette semaine, nous travaillions sur la première partie. Chaque suggestion (de changer un mot ou une phrase, d'ajouter un paragraphe ou d'en enlever un, de changer l'ordre phrases ou des paragraphes) doit être préparée comme un amendement à être approuvé par la majorité du groupe avant d'être transmis au secrétariat général. J'ai ainsi préparé 25 amendements, certains reprenant des numéros en entier. Cela explique que je me suis couché à 2h du matin mercredi soir!
Enfin, le paragraphe 'c' précise que je devais travailler avec les autres rapporteurs à rassembler tous les amendements de tous les carrefours linguistiques pour les harmoniser (autant que possible) en un texte final. Cela nous a occupé de 15h à 21h hier... j'ai souper tard.
Sans doute est-ce un travail exigeant, mais il est aussi très intéressant. Il me permet de collaborer au coeur même du synode et de faire ma part pour que ce processus réussisse. Hier, nous finissions le travail sur la partie I du document. Aujourd'hui, nous avons commencé à étudier la partie II, étape qui nous verra reprendre tout ce processus dans les carrefours à partir de lundi. Ensuite, nous le referons une dernière fois pour la troisième partie.
Priez pour moi!