mercredi 23 mai 2012
L'anti-entropie
mercredi 16 mai 2012
Un paragraphe, un monde...
mercredi 9 mai 2012
Sentiments ou convictions?
jeudi 3 mai 2012
Pourquoi prier?
samedi 28 avril 2012
"Voir" Jésus
mercredi 18 avril 2012
L'amour au centre
Lire I Jean 2, 1-5
Le phénomène du pendule existe en religion comme dans tous les domaines de la vie. Nous avons tendance d’aller d’un extrême à l’autre, que ce soit comme individus ou comme société. Ce qui un jour allait de soi est aujourd’hui critiqué, ce qui avait été rejeté est embrassé, et nous avons de la difficulté à trouver l’équilibre.
Je vous donne un exemple. Lorsque j’étais jeune, on me présentait la vie chrétienne comme un genre de test. Il s’agissait pour moi de réussir le test en faisant tout ce qui était commandé et en évitant tout ce qui était proscrit. Si je réussissais, j’aurais le prix final : le paradis. Évidemment, une telle présentation de la vie chrétienne est faussée. Elle ne fait pas de place à l’action de l’Esprit dans ma vie, au salut que le Christ nous a mérité sur la croix, à l’amour du Père qui pardonne, guérit et relève. Cette présentation semble faire de moi l’auteur de mon propre salut, puisque ce serait en fonction de mes propres actes et de mes propres décisions que je mériterais le ciel. De plus, une telle vision des choses crée beaucoup d’anxiété dans le cœur des gens : ai-je vraiment fait tout ce que je devais faire? ai-je vraiment évité tout ce qui est proscrit? En fin de compte, on agit plus par crainte de l’enfer que par amour d’un Dieu miséricordieux.
Le Concile Vatican II qui a pris fin en 1965 a marqué un virage dans la prédication populaire de l’Église catholique. On s’est mis à parler de ce Dieu miséricordieux avec beaucoup plus d’ardeur. On a cessé d’accentuer le mal à éviter pour présenter le bien qui nous est proposé. On a parlé de l’amour divin, plutôt que de la justice divine. Le péché et l’enfer, relégués aux oubliettes (voilà un bon mot!), ont été remplacés par le pardon et l’accueil. Selon cette perspective, le salut donné en Jésus est gratuit et total. Plus d’inquiétude, plus de peur, plus de péché, plus de commandements! Tout le monde s’en va au ciel!
Le pendule a fait son travail, et nous n’avons toujours pas trouvé notre équilibre. Mais saint Jean l’avait trouvé, et il nous le démontre dans la lecture d’aujourd’hui. D’une part, il parle des commandements et du péché, en nous rappelant que ces commandements existent et qu’il faut éviter le péché. Mais, du même coup, il nous rappelle qui s’il arrive que nous péchions, Dieu nous accueille avec miséricorde à cause de son Fils Jésus. Et le résultat de cette miséricorde, accueillie dans l’Esprit, est une vie vécue en harmonie avec les commandements de Dieu.
Ainsi voyons-nous que la vision évangélique marie ce que nous croyons être deux extrêmes. En fin de compte, c’est l’amour qui peut nous faire découvrir l’équilibre juste. Car, d’une part, l’amour que Dieu a pour nous se fait pardon; et, d’autre part, l’amour que nous avons pour Dieu nous fait obéir à ses commandements et éviter le péché.
Attachons-nous donc avec amour aux commandements de Dieu, et trouvons dans son amour miséricordieux la force de lui être fidèle. L’équilibre se trouve dans l’amour.
jeudi 12 avril 2012
À la conquête "du monde"
Lire I Jean 5,1-6
Conquérir l’Everest! Jeune, j’étais fasciné par ce rêve. Je me plaisais à lire des livres consacrés aux aventures d'escaladeurs prenant d’assaut les montagnes de l’Himalaya. Ces récits parlaient à mes désirs de dépassement, à mes rêves d’aller au bout de mes capacités, de mes talents, de mes possibilités.
Aujourd’hui, on entend parler de toutes sortes de conquêtes. Des femmes et des hommes se donnent des défis extraordinaires à relever : on traverse l’Atlantique en montgolfière, on contourne le monde en voilier, on marche du Chili à l’Angleterre. D’autres se proposent des défis plus courus, mais toujours impressionnants : un marathon à achever, un triathlon à conquérir, un centenaire à parcourir en bicyclette, une rivière à descendre en canot.
Antoine de Saint-Exupéry avait écrit : « C’est à l’obstacle que l’homme se mesure. » C’est bien vrai : on semble avoir besoin de se prouver en surmontant un obstacle, en dominant une montagne, quelle qu’elle soit.
Mais dans tous ces exemples, il s’agit d’obstacles physiques : distances à parcourir, hauteurs à escalader, temps à améliorer. Les vrais obstacles auxquels il faut se mesurer comme humains, ce sont les obstacles spirituels comme la haine, les préjugés, l’injustice, la colère. Et si nous voulons les surmonter lorsqu’ils se présentent devant nous, il faut d’abord les surmonter lorsqu’ils surgissent en nous. Voilà la vraie et plus noble conquête : la conquête de soi.
Ces puissances du mal, saint Jean les appelle « le monde. » Il se sert de cette expression comme d'un raccourci qui permet de nommer tout à la fois l’égoïsme du cœur humain, l’injustice de la société humaine, le refus de croire et d’aimer qu’il voyait autour de lui. Voilà ce qu’il faut conquérir, d’après saint Jean : « le monde » autour de soi, « le monde » en soi.
Par nous-mêmes, cette conquête s’avère impossible. L'obstacle est trop élevé, au-delà de nos forces et de nos capacités. Un seul a conquis le monde : le Christ ressuscité. Et le seul moyen pour nous de le conquérir à notre tour, c’est de le conquérir avec lui. Car lorsque nous croyons, l’Esprit de Dieu s’empare de nous et nous donne une puissance, une force extraordinaire. Non pas une puissance physique, mais une puissance morale et spirituelle capable de surmonter l’égoïsme qui nous afflige et de nous ouvrir à l’amour. « Ce qui nous fait vaincre le monde, c’est notre foi! »
Voilà donc la conquête qui vaut la peine d’achever, la victoire qu’il nous faut remporter. Avec le Christ ressuscité, nous le pourrons. Avec lui, nous vaincrons « le monde ».